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Entretien : Thierry Sachot

, directeur général d'Eolane et président de la Cité de l'Objet Connecté

La Cité de l'Objet Connecté est un accélérateur industriel


Entretien : Thierry Sachot

, directeur général d'Eolane et président de la Cité de l'Objet Connecté
vendredi 12 juin 2015
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La Cité de l'Objet Connecté, inaugurée le 12 juin à Angers en présence du président de la République, est l'un des projets développés dans le cadre de la « Nouvelle France Industrielle ». Imaginée par Eric Carreel, patron de Withings et Indigo, en collaboration avec le groupe angevin Eolane, elle se présente comme une usine d'un nouveau genre, qui concentre sur un espace unique de 1800 m² l'ensemble des compétences nécessaires à la conception d'objets connectés.

Chiffres clés de la Cité de l'Objet Connecté - 17 associés autour d'Eolane et Indigo
- 3 millions d'euros de financement versés à parité par l'Etat et la région Pays de Loire
- 1,5 million d'euros levés auprès des associés actionnaires de la Cité
- 2,1 millions d'euros d'investissements en machines programmés
- Objectif : 170 abonnés entrepreneurs à horizon 2018
Thierry Sachot - directeur général d'Eolane et président de la Cité de l'Objet Connecté
Bio express Thierry Sachot débute sa carrière en tant que responsable production chez Selco. En 1999, il est nommé directeur de cette PME devenue une entreprise de 300 personnes, filiale du Groupe Eolane. Depuis 2007, il est directeur général du Groupe Eolane, en charge de l'Industrie et de la R&D. En 2014, il intègre l'équipe de pilotage des objets connectés, un des 34 chantiers de la Nouvelle France Industrielle, et devient président de la Cité de l'Objet Connecté à Angers.

Son twitter : @SACHOTThierry
L'inauguration de la Cité de l'Objet Connecté se déroule, le 12 juin à Angers, en présence du président de la République François Hollande, et de la secrétaire d'Etat chargée du numérique, Axelle Lemaire. En quoi leur présence est-elle symbolique des enjeux du projet ?
Thierry Sachot : « La Cité de l'Objet Connecté est emblématique de la première vague des 34 projets de la 'Nouvelle France Industrielle', annoncée en 2013 par le président de la République, et qui sont devenus cette année les 9 'solutions industrielles françaises'. Cette nouvelle filière des objets connectés est très prometteuse pour l'industrie de l'électronique et permettra de créer des emplois. Elle joue un rôle central dans les solutions du futur tout en restant quelque chose de très concret puisque les objets connectés sont aussi utilisés par le grand public. La naissance de la Cité est également symbolique de l'action de l'Etat, qui s'est tourné vers les acteurs privés et a créé les conditions pour que leurs initiatives se développent. L'Etat nous a accompagné à hauteur de 1,5 million d'euros - la moitié en aide, l'autre moitié en subventions - à travers l'appel à projets du PIAVE (Projets industriels d'avenir), dont la Cité a été le premier lauréat. La région Pays de la Loire a également investi 1,5 million d'euros et a été un soutien de la première heure, tout comme la ville d'Angers, qui a acquis le bâtiment dans lequel nous sommes installés. Tous les échelons des pouvoirs publics ont donc été mobilisés. Pourtant, la Cité de l'Objet Connecté reste un projet privé qui a lui aussi levé 1,5 million d'euros auprès de 17 actionnaires, parmi lesquels on trouve 9 PME et PMI de la région. Eolane, que je dirige, a contribué pour 50 % de l'investissement avec la volonté d'afficher une stabilité dans la gouvernance. »
Pourquoi avoir installé la Cité à Angers ?
T.S. : « L'Ouest est une terre d'électronique. Les initiatives qui ont été menées dans ce domaine depuis des décennies ont permis de créer un vrai tissu de PME et d'entreprises de taille intermédiaires. Tous les grands noms de l'électronique y ont aussi des implantations. Plusieurs structures étaient déjà installées à Angers comme le cluster We Network - pour West Electronic & Applications Network - qui fédère la filière de l'électronique du Grand Ouest et lui donne une visibilité européenne, ou encore l'incubateur de start-up Weforge. Le maire d'Angers a également fait valoir son ambition que la ville devienne la dixième métropole à bénéficier du label Métropole French Tech. »
Quelle va être son action ?
T.S. : « La Cité de l'Objet Connecté est un accélérateur industriel. En France, on compte beaucoup de personnes très qualifiées pour concevoir des objets connectés mais les différentes filières de l'électronique, de la mécanique, de la plasturgie, du design... travaillent en silos. Quand les concepteurs doivent passer à la partie concrète de leur projet, ils partent généralement en Asie car la France n'offre pas ces plateformes qui permettent de mettre rapidement un produit sur le marché. La Cité de l'Objet Connecté rassemblera en un seul lieu les différentes compétences métiers pour permettre aux projets d'arriver les premiers sur leur marché. »
Dans les mêmes conditions économiques qu'en Asie ?
T.S. : « Produire en France coûte plus cher mais c'est le prix de la valeur ajoutée française qui est supérieur à celui de l'Asie. Or, sur ce marché des objets connectés, la part de la valeur ajoutée est minime par rapport au prix des composants qui s'achètent au même prix pour tous sur le marché international. En revanche, produire en France permet de gagner en réactivité, en proximité avec les clients et en frais de transports. »
Quelle organisation avez-vous adoptée pour casser les silos ?
T.S. : « La Cité est une usine organisée comme une fusée en trois 'étages'. Le premier est un Fablab, un espace ouvert qui accueille les porteurs de projets et propose différentes compétences pour les encadrer, des bureaux pour donner corps à leur concept, leur permettre de fabriquer la maquette et d'aller ensuite chercher des financements... Il s'agit de créer un écosystème autour de projets qui vont arriver à des stades de maturité très différents. A partir du deuxième étage, on passe dans l'aspect purement industriel. Les projets seront alors évalués par un comité d'experts composé de financiers, de spécialistes de marketing, de technologie... S'ils sont jugés recevables, il s'agira de passer au prototype fonctionnel, à la pré-série. Le troisième étage, c'est la fabrication en série, qui n'est pas pour l'instant dans la Cité mais qui pourra s'appuyer sur l'écosystème industriel de la région. »
Quand attendez-vous les premières réalisations concrètes ?
T.S. : « Nous n'en sommes encore qu'aux débuts puisque les premières machines sont arrivées dans l'usine le 15 mai et que les recrutements sont encore en cours. Le calendrier va dépendre de l'état d'avancement des projets qui nous seront soumis. Sur le premier étage de la Cité, nous espérons avoir une quarantaine de projets d'ici la fin de l'année, quatre ou cinq en phase industrielle et peut-être un projet finalisé d'ici fin 2015. »
Ses indispensables Votre device fétiche ?
Le pulse O de Withings que j'ai toujours dans la poche et qui mesure mes pas, le nombre de calories brûlées, la qualité de mon sommeil...

Votre réseau social favori ?
Je ne suis pas très réseaux sociaux...

Votre donnée la plus précieuse ?
Les données qui touchent à mon histoire et à mon univers familial. C'est important de garder un univers privé.
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