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Entretien : Alexis Normand

, Responsable des relations santé de Withings

La santé connectée est un marché de masse


Entretien : Alexis Normand

, Responsable des relations santé de Withings
jeudi 11 juin 2015
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Cette start-up n'ambitionne pas seulement d'être un des champions de la santé connectée dans le monde. Elle veut nous aider à être en bonne santé. Le fait de partager ses données avec ses proches peut y contribuer. Explications par le responsable des relations santé de Withings, Alexis Normand.

Les chiffres clés Withings - 2008 : date de création de la société
- 50% des ventes aux Etats-Unis, le reste en Europe (40%) et en Asie (10%)
Le marché des objets connectés « santé » - 15 milliards d'objets connectés à travers la planète
- 80 milliards d'ici à 2020
- 100 000 applications santé et bien-être (dont 40 000 médicales) dans le monde
(Source : DMD Santé)
Alexis Normand - Responsable des relations santé de Withings
Bio express Agé de 32 ans, Alexis Normand est responsable des activités santé de Withings depuis 2013. Diplômé d'HEC et de Sciences-Po, il a travaillé auparavant dans l'industrie (Saint-Gobain) et dans le conseil en stratégie (Booz and Co), notamment au service de réformes de politiques publiques de santé pour des gouvernements du Golfe.

Son twitter : @slarxe
En 2009, Withings lançait le premier pèse-personne WIFI relié à Internet. Aujourd'hui, qui sont les amateurs d'objets connectés ? Des early adopters, des geeks ?
Alexis Normand : « C'est devenu très rapidement un marché mondial et de masse. En 2013, on raisonnait encore en millions d'utilisateurs. Avec des géants comme Apple et Google qui mettent tout leur poids dans la balance (sans jeu de mot). On parle, potentiellement, en milliards d'individus sur toute la planète. Pour l'iPhone 6, Apple vient ainsi d'annoncer la possibilité de réunir ses données personnelles (groupe sanguin, activités) dans un carnet de santé avec HealthKit, une application dont Withings est partenaire. 900 millions de propriétaires d'iPhone sont concernés par le nouveau système d'exploitation iOS 8. A ce stade on ne peut plus parler de niche !
Ce ne sont ni des patients ni des malades auxquels nous nous adressons en priorité. Notre cible est résolument grand public. Notre promesse ? Aider les gens à mieux gérer leur santé. Nous ne cherchons pas à remplacer les médecins ou les professionnels de santé. »
Le succès des objets connectés finalement, c'est celui du mobile, non ?
A.N. : « Cette révolution du « quantified self » est intrinsèquement liée, c'est vrai, à la généralisation du smartphone. C'est l'écran du mobile qui sert d'interface pour visualiser les données et les partager (poids, rythme cardiaque, tensions...). Plusieurs ruptures technologiques et sociologiques expliquent aussi la diffusion rapide des objets connectés : l'avènement des technologies sans fil (bluetooth, WIFI,...) a rendu accessible en terme de coûts, des services (tensiomètre, ...) qui, pour certains, existaient avant, en télémédecine, par exemple. L'évolution du consommateur, qui se veut désormais maître de l'information qui le concerne (sites Doctissimo, automesure.com), a conforté cette tendance. Enfin, deux facteurs entrent en jeu : la crise, qui incite à la prévention dans le but de réduire les dépenses, et, le vieillissement de la population, qui implique une meilleure maîtrise des maladies chroniques... Tout cela joue en faveur de la santé connectée. »
Comment sont créés ces outils digitaux qui se veulent des « coachs » santé. Quelle place donnez-vous à la co-création ?
A.N. : « A Issy-Les-Moulineaux, près de 150 salariés travaillent à la fois à la conception des objets (techniciens, ingénieurs), à leur environnement applicatif (développeurs) et à la gestion de la plate-forme (informaticiens), qui recueille les données.
Eric Carreel et Cédric Hutchings [ndlr : les fondateurs], qui viennent tous deux des Telecom, ont choisi de réinventer l'expérience utilisateur en créant Withings. D'où l'importance du design et de la facilité d'utilisation dans notre démarche : installation automatique de l'application, limitation du nombre de clics, etc. En interne, nous sommes tous des bêta-testeurs. Les bugs sont rapidement dépistés et corrigés. Nos ingénieurs reçoivent en direct les commentaires des usagers.
Nos outils sont ainsi constamment améliorés. Pour les enrichir, nous nous inspirons des usages de nos clients. En ce qui concerne le bracelet Pulse, par exemple, nous avons rajouté la fonction montre, et nous avons choisi le meilleur logiciel embarqué, celui que nos utilisateurs avaient plébiscités.
C'est une des spécificités des objets connectés, ce processus de co-création est possible en continu. »
Quel marketing développez-vous pour faire connaitre vos objets, comme le dernier-né Withings Aura, un appareil qui aide à mieux dormir ?
A.N. : « Nous devons faire un vrai travail d'explication et de démonstration auprès du consommateur et éduquer les vendeurs sur les points de vente. Nous utilisons deux canaux de distribution : Internet et les magasins. Pour convaincre, Withings a créé des corners santé dans des enseignes comme la Fnac ou Darty. Face à sa cible grand public, Withings pratique un « channel marketing actif » (vidéos de présentation, contenus explicatifs, photos...).
Pour la publicité, pourquoi pas. Mais la notoriété de Withings qui a vocation à être un des leaders mondiaux de la santé connectée se développe très bien, pour l'instant, grâce aux médias et au bouche-à-oreille. »
Les données sont anonymes. Mais les statistiques recueillies permettent de contribuer à la veille épidémiologique, dites-vous. Des exemples ?
A.N. : « Premier point : les données personnelles et nominatives sont absolument confidentielles, comme le veut la loi Informatique et Libertés. Il n'y a pas de débat là-dessus. Un « data privacy officer » est chargé de mettre en place des systèmes de protection (mot de passe,...) et suit la traçabilité des interventions qui doivent toutes être justifiées. Nous allons même au-delà de la loi. Un client Withings peut faire jouer son droit à l'oubli d'un simple mail.
Ceci dit, les données agrégées anonymes peuvent être analysées pour faire émerger de nouveaux savoirs, révéler des tendances. En France, où de nombreux clients sont équipés de balances intelligentes, nous avons pu établir un classement des grandes villes (ndlr : de + de 100 000 habitants) en fonction de la proportion de personnes en surpoids dans leur population. Nous avons publié cette carte de l'obésité pour susciter une prise de conscience sur une question de santé publique. »
Faut-il vraiment partager son indice de masse corporelle ou sa tension sur Twitter ou Facebook pour mieux gérer sa santé ?
A.N. : « Personnellement, je partage le nombre de pas que j'ai parcouru dans la journée avec un cercle d'amis restreint. Pas sur Facebook.
Nous offrons la possibilité aux utilisateurs de nos appareils de partager leurs données, s'ils le souhaitent. Et ils peuvent le faire auprès des communautés qu'ils ont choisies : médecins, amis, familles...
Ceci dit, on s'est rendu compte de l'effet incitatif de la donnée surtout quand elle est partagée. Des statistiques montrent que chez des obèses majeurs, ceux qui se pèsent tous les jours perdent plus de poids. Jusqu'à 15%. De même, ceux qui comparent leurs objectifs en nombre de pas, en font plus que les autres. Cette émulation née du partage pousse à agir dans le bon sens et favorise une meilleure hygiène de vie. »
Ses indispensables Votre device favori ?
Ma nouvelle montre « Activité » de Withings. Avec son design à l'ancienne et ses fonctionnalités résolument digitales.

Votre réseau social fétiche ?
LinkedIn : c'est encore le meilleur moyen de rencontrer des acteurs de la santé et de faire bouger les lignes.

Votre donnée la plus précieuse ?
Celle que je veux bien partager avec mes amis, le nombre de pas que j'ai fait dans la journée par exemple, car cela me rend plus actif.
Entretien :
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