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Entretien : Régine Combremont

, directrice de la Fabrique digitale de la SNCF

La SNCF : un sumo agile ?


Entretien : Régine Combremont

, directrice de la Fabrique digitale de la SNCF
mercredi 27 août 2014
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Open data, open innovation, collaboration étroite avec les startups... La SNCF multiplie les initiatives pour bousculer son organisation interne et développer de nouveaux services innovants. Son défi ? Conjuguer la masse avec les attentes personnelles des 10 millions de clients qui transitent chaque jour sur son réseau.

Les chiffres clés de la SNCF 32,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires

250 000 collaborateurs dans 120 pays en 2013

Chaque jour, 2000 voyageurs utilisent l'application Tranquilien

19, c'est le nombre de jeux de données ouverts par la SNCF
Régine Combremont - directrice de la Fabrique Digitale de la SNCF
Bio express Régine Combremont dirige la Fabrique Digitale de la SNCF depuis plus de quatre ans. Précédemment, elle a occupé, de 2005 à avril 2010, le poste de directrice de la stratégie digitale.

Régine Combremont est diplômée d'un DEA de philosophie politique de l'université Paris Sorbonne et d'un troisième cycle à l'Institut Supérieur de Gestion.
Qu'est-ce que la Fabrique Digitale ?
Régine Combremont : « La Fabrique Digitale est un lieu d'observation et d'innovation, rattaché à la direction de la communication du groupe SNCF. Cette structure regroupe cinq collaborateurs. Ce sont des capteurs. Ils identifient dans quelle mesure certaines innovations peuvent être intégrées à la SNCF et accompagnent les interlocuteurs internes dans l'expérimentation de ces innovations. Cela passe par l'organisation d'une veille internationale et la constitution d'un solide réseau interne et externe. En 2010, la SNCF, qui est un sumo par nature, a souhaité gagner en agilité et en innovation en créant la Fabrique Digitale. Nous souhaitions nous rapprocher de l'écosystème innovant des startups, c'est pourquoi nous avons commencé par nouer un partenariat avec La Cantine (ndlr : premier espace de coworking parisien lancé par l'association Silicon Sentier) puis avec l'accélérateur de startups Le Camping (ndlr : dispositif également géré par Silicon Sentier), dont nous sommes partenaires depuis la première saison. Depuis, nous avons également ouvert notre propre incubateur avec Paris Région Lab. C'est un moyen complémentaire pour développer des innovations de services, de production, d'information, de relation. Grâce à cette démarche, nous avons appris à travailler différemment. Collaborer avec des startups constitue un véritable bol d'air. Cela nous permet d'étudier des solutions que nous n'aurions jamais envisagées, mais aussi de fonctionner en cycle cours, avec des itérations rapides, et d'apporter une réponse au bon moment ».
Vous êtes également partenaire du programme Data Shaker organisé par le Numa (lieu parisien dédié à l'innovation numérique). En quoi consiste-t-il ?
R.C : « Ce partenariat s'inscrit dans la prolongation de nos précédentes collaborations avec Le Camping, sauf qu'ici nous intervenons, parfois, avant même que la start-up ne soit créée. Nous intervenons à la genèse du projet. Le Data Shaker est un programme d'expérimentation et d'accélération de projets. L'objectif du dispositif est de créer un cadre de collaboration entre les grands groupes et les porteurs de projets autour de la donnée pour développer des services innovants au service des consommateurs. La première édition du Data Shaker a été co-construite avec la SNCF, qui a mis à disposition des participants différents jeux de données. Toutefois, ce n'est pas la SNCF qui a décrété autour de quelles problématiques serait organisé le programme. Une première phase d'observation in situ, en gare et à bord des trains, a permis d'identifier les problématiques : l'attente en mobilité, la mobilité porte à porte, l'accompagnement personnalisé et la gare à vivre. Contrairement aux hackathons (ndlr : événements ponctuels sous forme de marathon pendant lesquels différentes équipes planchent sur la création de nouveaux services), le data shaker s'est inscrit dans la durée. Tous les jeudis soirs, les porteurs de projets pouvaient rencontrer différents mentors de la SNCF. L'autre avantage de ce programme est la possibilité pour les porteurs de projet de tester des nouveaux services dans des conditions réelles. Parmi les 20 projets inscrits nous en avons sélectionnés six que nous avons accompagnés (et accompagnons toujours). C'est un moyen original pour la SNCF de détecter de nouvelles innovations au service du voyageur ».
Six projets ont émergé de ce programme. Pouvez-vous nous donner quelques exemples ?
R.C : « L'un des projets consiste à ré-enchanter l'attente. Deux équipes, Lis tes classiques et StoryLab ont travaillé dessus. Elles ont créé une affiche en trompe-l'oeil qui représente une bibliothèque. Grâce à cette affiche, les voyageurs peuvent scanner le QR code du livre de leur choix pour en télécharger une version numérique sur leur smartphone. Pour l'heure, 48 livres gratuits ou payants sont disponibles. Le dispositif va être testé dans les TER de la région Lorraine et fait la part belle aux auteurs locaux. Ce service pourrait être déployé sur tout le territoire à l'horizon 2015.
Je pense également à l'application mobile HomeNow. L'équipe derrière ce projet est partie du principe qu'il n'existait pas aujourd'hui d'application capable de vous rappeler quand partir en ne loupant pas les derniers transports en commun quand vous sortez le soir. L'équipe s'est donc appuyée sur Navitia.io (ndlr : une API de transports publics développée par Canal TP, une filiale de la SNCF, à partir de plusieurs réseaux de transport en France et dans le monde) pour développer une application mobile où le voyageur doit simplement préciser l'adresse de son domicile lors de son inscription. L'application calcule, ensuite, l'itinéraire adéquat et lui envoie une alerte dix minutes avant son départ.
Le projet Datagare repose, lui, sur une interface ludique et interactive installée en gare qui met en scène les données sociologiques des voyageurs. L'idée ici est de rendre le passage en gare plus agréable.
Le projet Lookies vise, pour sa part, à améliorer le confort en gare en analysant les flux à partir de capteurs placés sur les portiques.
Enfin, Raildar est un projet qui permet de localiser en temps réel la position des trains en France.
Les projets sélectionnés seront tous présentés au mois de septembre 2014 à la gare RER Bibliothèque François Mitterrand ».
Précédemment, la SNCF a collaboré avec une start-up autour de l'application Tranquilien. En quoi consiste-t-elle ?
R.C : « L'application Tranquilien a été développée en partenariat avec une start-up spécialisée dans le big data, à la suite d'un hackathon. Disponible sur iPhone et Android, Tranquilien s'appuie sur un modèle prédictif pour indiquer aux voyageurs l'affluence des prochains trains du réseau SNCF en Ile-de-France. Les utilisateurs doivent simplement renseigner leurs gares de départ et d'arrivée pour ensuite visualiser, grâce à un code couleur, le taux d'affluence des prochains trains. L'application compte aujourd'hui 2 000 utilisateurs quotidiens. L'objectif est de la rendre encore plus pertinente en misant sur le crowdsourcing : plus les voyageurs partageront l'état d'occupation des voitures, plus le service sera fiable. On entre dans un cercle vertueux ».
Aujourd'hui, quelles données de la SNCF ont été rendues publiques ?
R.C : « La plateforme data.sncf.com recense aujourd'hui 19 jeux de données. On retrouve, par exemple, des données sur la régularité des TGV ou des données de localisation des gares. La donnée « temps réel » est la plus demandée par les organisations tierces. La politique d'ouverture des données est toujours assez complexe car il faut, à chaque fois, se demander quels sont les risques et les opportunités liés à la réutilisation de ces données. Dans cette optique, nous travaillons au cas par cas ».
Ses indispensables Votre réseau social préféré ?
Clameurs. C'est un nouveau média qui vous permet d'associer un message audio à un lieu. C'est une immense carte sonore collaborative et par ailleurs une des startups de notre incubateur !

Un device fétiche ?
Mon smartphone.

Votre donnée la plus précieuse ?
La photo de mes enfants.
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