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Entretien : Vincent Textoris

, open innovation manager chez Oxylane

La co-création permet d'innover


Entretien : Vincent Textoris

, open innovation manager chez Oxylane
jeudi 24 juillet 2014
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Le « made in client ». C'est la nouvelle approche adoptée par le groupe Oxylane, propriétaire de Décathlon. Touché par le virus du collaboratif, le Lillois vient de lancer la plateforme de co-création de produits Open Oxylane. Une initiative à travers laquelle le groupe cherche à augmenter la satisfaction client et à accélérer dans l'innovation.

Les chiffres clés - Chiffre d'affaires 2013 : 7,4 milliards d'euros. 58,2% du chiffre d'affaires est réalisé à l'international.
- L'enseigne Décathlon est présente dans 20 pays.
- 2800 produits ont été créés en 2013.
- 23 brevets ont été déposés en 2013.
- Le groupe compte 530 ingénieurs, 150 designers et 50 chercheurs.
Vincent Textoris - open innovation manager chez Oxylane
Bio express Agé de 32 ans, Vincent Textoris est responsable du projet Open Oxylane. Passionné par le sport, les sciences et les objets, il rejoint le groupe Oxylane en 2006 en tant qu'ingénieur en biomécanique.

Son twitter : @vtextoris
Pouvez-vous nous présenter la plateforme Open Oxylane ?
Vincent Textoris : « Open Oxylane est une plateforme de co-création que nous avons lancée au mois d'avril dernier. Elle invite les particuliers (clients, sportifs, étudiants, designers, ingénieurs) à partager leurs idées de nouveaux produits de manière spontanée, ou de participer à des challenges initiés par les marques du groupe Oxylane (Quechua, Tribord, Domyos, Newfeel, Géonaute, etc.). L'idée est de se baser sur le principe du crowdsourcing pour imaginer la conception de nouveaux produits innovants, voire de nouveaux services comme des applications de coaching, par exemple. »
Comment cette idée a-t-elle germé ?
V.T. : « Il y a eu plusieurs détonateurs. Il y a dix ans, la création de la tente « Quechua 2 secondes » a provoqué une véritable onde de choc. En interne, cela s'est traduit par le démarrage d'une nouvelle histoire. Les collaborateurs ont réalisé qu'ils étaient capables de créer des produits innovants. Depuis ce lancement, nous avons été identifiés comme des créateurs et recevons très régulièrement des propositions de nouveaux produits. Il fallait harmoniser ces demandes et nos réponses à travers un projet plus structuré. La plateforme de co-création s'est imposée naturellement. Par ailleurs, nous travaillons avec des outils en ligne qui nous permettent de répondre de manière réactive aux problématiques rencontrées par nos clients. C'est ce que nous appelons l'avis client 2.0. Nous avons souhaité passer à l'étape suivante en incluant le client dès le début du processus de fabrication, de telle sorte qu'il ne se retrouve plus uniquement en bout de chaîne. »
Comment la plateforme fonctionne-t-elle ?
V.T. : « Il suffit de se créer un compte utilisateur via Facebook ou Twitter par exemple. Une fois inscrit, l'internaute peut accéder à toutes les idées et tous les challenges proposés par les marques. Nous laissons vivre chaque idée des internautes un mois sur la plateforme. Au bout de 30 jours, nous procédons à une première sélection en fonction des votes laissés par les internautes. En interne, nous réalisons une étude de faisabilité, de manière à déterminer s'il existe bien un marché. L'autre étape est baptisée « Open Oxylane Ideas Contest ». Il s'agit d'un concours organisé tous les 2ème mercredis du mois dans un magasin Décathlon. L'événement est retransmis en direct sur notre plateforme afin d'instaurer un dialogue avec le public, les internautes, nos experts et les auteurs des idées sélectionnées. L'objectif consiste à mieux cadrer le projet. À la fin de la session, un vote à main levée est réalisé dans le magasin, un autre est organisé sur le chat en ligne. Les experts donnent leurs avis et le groupe Oxylane détient également un vote pour garantir que le produit soit en ligne avec l'état d'esprit du groupe. Si une idée recueille 3 votes sur 4, elle est retenue pour être prototypée. »
Pouvez-vous nous donner un exemple ?
V.T. : « Il y a trois semaines, nous avons retenu l'idée d'un siège de bébé pour vélo, doté d'un système qui fait office de poussette d'appoint pour éviter que les parents ne se retrouvent avec l'enfant dans les bras une fois arrivés à destination. Actuellement, nous sommes en train de définir avec la communauté d'internautes un cahier des charges. Ensuite, c'est l'étape du développement pur qui touche au design et aux questions techniques. Une fois le prototype présenté à la communauté, nous passons à la phase de communication pour définir collectivement le nom, la baseline et l'histoire que nous souhaitons raconter. La question du prix est aussi stratégique. Nous cherchons à savoir quel est le prix idéal en demandant aux internautes au-dessus de quel prix ils ne voudraient plus acheter le produit et quel prix serait trop faible pour instaurer une relation de confiance. Une fois tout ce travail réalisé, nous établissons la fiche produit et laissons les membres de notre communauté la partager sur Internet et les réseaux sociaux pour créer le buzz. C'est un moyen de mesurer l'intérêt du public et de définir l'ambition de ce produit. C'est à cette étape que nous décidons si, oui ou non, il sera commercialisé. »
Comment incitez-vous les internautes à participer ?
V.T. : « Personne ne travaille pour des cacahuètes ! Nous avons donc mis en place un système de récompense. En revanche, contrairement à Quirky (ndlr : start-up américaine pionnière en matière de co-création), nous n'avons pas opté pour le système des royalties car cela implique plusieurs mois d'attente pour le créateur avant qu'il puisse toucher une contrepartie. Nous avons choisi une autre approche qui permet à l'internaute de bénéficier d'une récompense dès que son idée est validée. Cette approche repose sur un compte utilisateur qui permet de cumuler des points en fonction de sa participation au projet. Par exemple, une idée sélectionnée permet d'obtenir 30 000 points, soit l'équivalent de 300 euros. Plus globalement, nous orchestrons une véritable animation de la communauté. Une community manager publie régulièrement sur notre blog des articles pour mettre en valeur les idées et nous communiquons énormément sur nos 'héros'. »
La plateforme Open Oxylane est-elle un simple coup de communication ou constitue-t-elle un réel intérêt pour le groupe ?
V.T. : « Il y a une part de communication certes, mais ce dispositif de co-création nous permet aussi d'augmenter la satisfaction client et a indirectement un impact commercial. Open Oxylane nous permet aussi d'aller plus loin dans notre logique d'innovation. Grâce à elle, les chefs produits peuvent récolter beaucoup plus de feedbacks d'horizons très différents. Cela nous permet de travailler, d'innover et de réagir beaucoup plus rapidement et surtout d'intégrer une forte dimension internationale. »
Quelles sont vos ambitions autour de ce projet ?
V.T. : « Aujourd'hui nous ne communiquons pas sur le nombre d'inscrits mais nous sommes satisfaits de l'engouement porté pour la plateforme. La communauté ne cesse de grossir et nous sommes déjà présents dans dix pays. Open Oxylane existe en France, en Espagne, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Italie, en Belgique, au Portugal, en Inde, au Brésil et en Turquie. Le prochain pays sera la Pologne. Nous envisageons de prototyper entre 1 et 5 produits imaginés par nos utilisateurs cette année. Nous aurons besoin de plus de temps pour les propulser dans les rayons de nos magasins car il faut compter toute la phase d'industrialisation. Toutefois, ils pourraient très bien être commercialisés dès 2015. En revanche, les produits issus des challenges proposés par les marques devraient arriver en magasin dès cette année. »
Ses indispensables Votre réseau social fétiche ?
Linkedin, où je suis en contact avec de nombreux graphistes et designers. C'est pour moi une grande source d'inspiration.

Votre device favori ?
Difficile de choisir ! Je dirais mon MacBook et mon iPhone. J'adore la mobilité que m'offre mon smartphone tandis que le MacBook me permet réellement de travailler. Les deux sont indissociables.

Votre donnée la plus précieuse ?
La question serait plutôt de savoir quelles informations les marques n'ont pas déjà !
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