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Entretien : Daniel Evans

, chief innovation officer de EMLyon Business School

L'école intelligente carbure aux «data»


Entretien : Daniel Evans

, chief innovation officer de EMLyon Business School
jeudi 12 mars 2015
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Il y a quelques semaines, l'école de commerce EMLyon a levé le voile sur un partenariat avec IBM pour déployer la « Smart Business School Â» : un nouvel écosystème d'apprentissage en ligne basé sur les technologies cloud de Big Blue et une utilisation optimale des données. Inscrit dans une logique d'« adaptive learning Â», le dispositif entend faire la part belle à l'innovation pédagogique et à la créativité.

Chiffres clés - Date de création : 1872
- 3 campus en France (Ecully, Paris, Saint Etienne)
- 1 campus à l'international à Shanghai (Chine)
- 113 professeurs permanents, dont 40% d'internationaux
- 3300 étudiants en formation initiale, dont 40% d'internationaux
- 25 000 alumni répartis dans 107 pays
Daniel Evans - chief innovation officer de EMLyon Business School
Bio express Daniel Evans est actuellement directeur de l'innovation au sein d'EMLyon Business School. Daniel a obtenu son Ph.D. en économie à l'université de l'Ohio (Etats-Unis). Il a commencé sa carrière académique dès son arrivée en France en 1993. Il a notamment travaillé comme directeur des programmes MBA, responsable des activités et des stratégies d'apprentissage et comme doyen de l'executive éducation. En dehors de ses responsabilités managériales, Daniel est présent dans divers programmes de formation.

Son twitter : @FREvans
En quoi la Smart Business School est une école intelligente ?
Daniel Evans : « L'apprentissage et le développement de compétences s'opèrent tout au long de la vie. Pour que ce processus soit intelligent, il faut fournir un service qui permet aux individus d'apprendre en temps réel et selon leurs propres besoins. Il faut, par ailleurs, prendre conscience que le cycle de l'apprenant commence bien avant son entrée effective à l'école. Il va débuter au lycée ou en classe préparatoire. Il se poursuit, ensuite, après l'école pendant toute sa carrière. Aujourd'hui, très peu d'établissements dans le monde sont capables d'utiliser toutes les données qui existent dans les différents silos pour pouvoir accompagner l'étudiant tout au long de ce processus. C'est ce que nous comptons faire avec la Smart Business School. Pour proposer ce service, il faut pouvoir connecter ces différents points en s'appuyant sur une utilisation intelligente des données.
Par ailleurs, le fait de travailler avec des partenaires comme IBM nous permet de prendre du recul sur notre travail. Aujourd'hui, l'apprentissage repose sur des pratiques académiques instaurées depuis des années. Un point de vue extérieur nous permet de nous remettre en question, d'innover. L'aspect collaboratif est très important. Je suis persuadé que l'on peut mieux faire à deux que tout seul. Et, IBM nous apporte une expertise nouvelle en matière de cloud computing et d'intelligence artificielle appliquée au domaine de l'apprentissage. Ce partenariat va nous permettre d'accompagner l'apprenant bien au-delà des trois années classiques de grande école. »
Le dispositif doit notamment permettre d'offrir une formation personnalisée à chaque individu...
D.E. : « Oui, chaque personne a des préférences en termes d'apprentissage. Certaines apprennent plus facilement grâce aux images quand d'autres privilégient l'écriture ou l'audio. Notre dispositif va permettre de s'adapter aux spécificités de chaque individu afin qu'il améliore ses compétences d'apprentissage. On parle d'« adaptive learning ». Si une personne est visuelle, l'outil va lui proposer une présentation tout en images afin qu'elle apprenne plus rapidement. Mais cela ne s'arrête pas là. Cette approche risquerait de rendre la personne en question totalement dépendante d'un seul style d'apprentissage. On va donc lui proposer de développer d'autres compétences d'apprentissage. En résumé, il y a deux niveaux d'apprentissage : apprendre le contenu et apprendre à apprendre. »
L'accent est également porté sur le collaboratif...
D.E. : « Oui. Nous parlons ici de « peer-agogie », l'apprentissage par les pairs en français. Dans cette optique, une place forte sera accordée aux anciens étudiants de l'école et aux entreprises partenaires. Le professeur n'est plus le seul à transmettre un savoir. Tout le monde devient acteur de l'apprentissage. L'université d'entreprise développée par Adidas constitue un très bon exemple. Là-bas, vous êtes à la fois un apprenant et un professeur. On parle également de « peer-learning » ou de « social learning ». Nous souhaitons nous inscrire dans la même approche. »
Comment la Smart Business School favorise-t-elle la créativité des élèves et celle des professeurs ?
D.E. : « Nous allons demander à notre communauté de co-créer du contenu via un espace collaboratif en ligne ouvert aux étudiants, aux diplômés, aux professeurs ou encore aux entreprises partenaires. Nous allons également déployer au dernier trimestre de l'année 2015 un « learning hub » : un espace physique très coloré où l'on retrouvera des écrans LED, des tables interactives, des livres numériques, des tablettes, des zones de jeux ou encore des énormes poufs et des murs où l'on peut écrire dessus. Nous voulons également développer des partenariats avec d'autres institutions hors de notre domaine de prédilection, comme des écoles d'ingénieurs, de design ou d'art. Et, nous comptons également travailler avec des fablabs. »
Comment le déploiement de la Smart Business School va-t-elle impacter les professeurs ?
D.E. : « Les professeurs, eux aussi, vont devoir s'investir dans le développement des compétences. Ils devront mettre à jour leurs pratiques pédagogiques. Au Royaume-Uni, il existe un système de validation de compétences pour les professeurs. Je pense que ce mode de fonctionnement va se généraliser en France également. Chez nous, le professeur est un employé, et il relève de notre responsabilité de le faire évoluer. Le professeur va devoir s'adapter en devenant un animateur de communauté et se plonger dans la curation pour détecter les nouvelles tendances. Je pense que le rôle d'un pédagogue consistera surtout à faciliter l'apprentissage des autres. On sera alors dans l'accompagnement, le coaching et l'écoute. »
Ces innovations vont vous permettre de déployer des campus éphémères. De quoi s'agit-il ?
D.E. : « L'idée est de proposer une formation en ligne, type Mooc, ponctuée d'événements physiques qui permettront de réunir l'ensemble des élèves autour d'un expert en particulier, par exemple. Nous déploierons ces « pop up campus » n'importe où dans le monde, là où il y a un besoin. Pendant trois jours, les élèves seront en présence des professeurs avant de repartir dans une formation à distance. L'objectif est de proposer un même niveau de qualité et de prestation dans tous les différents campus éphémères. Ce dispositif s'adressera en particulier aux entreprises dans une logique de formation en continu. »
Quel est le calendrier pour la mise en place de tous ces projets ?
D.E. : « Le projet Smart Business School va se déployer sur cinq années. C'est un changement radical car pour qu'il fonctionne, nous devons créer une cohérence entre tous les systèmes d'information afin que toutes les données soient reliées entre elles et que l'expérience soit la plus fluide possible. Le nouvel environnement d'apprentissage, disponible sur ordinateur, tablette et smartphone, sera déployé dès la rentrée prochaine en septembre 2015. Suivra ensuite, en 2016, la mise en place d'un nouveau système de gestion des ressources d'apprentissage et la mise en place d'un outil collaboratif pour favoriser la co-création de contenus. Il y aura également un gros travail sur le back-office pour pouvoir déployer la partie prédictive en 2017. »
Ses indispensables Votre device fétiche ?
Ma tablette graphique. Je suis quelqu'un de très visuel, j'ai besoin de dessiner.

Votre réseau social préféré ?
Facebook !

Votre donnée la plus précieuse ?
Toutes les informations liées à ma famille.
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